Mettre en œuvre des alternatives à l’exploitation des ressources forestières

Depuis deux décennies, l’urbanisation non contrôlée affecte, à des degrés divers, tous les pays d’Afrique centrale, sans que les infrastructures énergétiques ni les modes de consommation ne soient pour autant adaptés à cette augmentation brutale des populations urbaines. Dans ce contexte, la consommation de bois énergie, liée à une pauvreté urbaine persistante voire en augmentation, reste le principal mode de cuisson et de chauffage dans de très nombreuses villes du continent.

Globalement, en Afrique centrale, le bois énergie est responsable de plus de 90 % des prélèvements ligneux sur les forêts et les espaces boisés. En République Démocratique du Congo, il représente 85 % de la consommation énergétique totale du pays. À Kinshasa, par exemple, avec une population estimée entre 8 et 10 millions d’habitants, l’approvisionnement en bois énergie est estimé à 5 millions de mètres cubes par an, en provenance presque exclusivement de l’exploitation informelle d’écosystèmes forestiers déjà fortement dégradés dans un rayon de 200 km.

L’exploitation de ces forêts permet non seulement d’approvisionner la ville en énergie, mais elle constitue une source de revenus dans un contexte d’extrême pauvreté et de manque d’appui de la part des autorités publiques.

On assiste ainsi à une dégradation progressive des écosystèmes forestiers périurbains, voire dans certains cas à une déforestation totale. Les impacts écologiques se trouvent à tous les niveaux : perte de biodiversité, érosion, désertification, etc. Au-delà des impacts écologiques, les impacts socioéconomiques sont tout aussi importants : pénurie énergétique, hausse des prix, exode rural, conflits fonciers, etc.

Le développement de filières durables d’approvisionnement en bois de chauffe

Dans le Congo de l’après-guerre, le passage à des sources d’approvisionnement énergétiques « classiques » comme les énergies fossiles ou l’hydroélectricité reste une possibilité peu réaliste à court et moyen terme. C’est dans ce cadre que l’Union Européenne finance une série de projets en RDC dont l’objectif est de proposer et de mettre en œuvre des alternatives à l’exploitation non durable des ressources forestières pour l’approvisionnement des populations urbaines en bois de chauffe.

Pour en savoir plus

Consultez l'État des forêts 2010, publié par l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale

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